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May 08, 2016 / 0 Comments
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On assiste depuis une vingtaine d’années à une forte mobilisation en faveur de l’autonomie des universités, qui s’accompagne d’une autre revendication sur la responsabilisation des établissements d’enseignement supérieur, à qui l’on demande d’être comptables de leurs performances non plus seulement vis-à-vis de ceux qui sont directement concernés (le corps académique, les élèves et leurs familles) mais plus généralement envers l’ensemble de la population. La question de l’assurance qualité occupe à ce titre une place de premier plan. En Europe, tout particulièrement, elle s’est notamment posée dans le cadre du processus de Bologne, mais la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) n’a pas été en reste, puisque ce thème a fait l’objet d’une certaine effervescence dans différents pays, avec l’organisation de nombreuses manifestations sur le sujet et la mise en place de projets visant à soutenir le développement de services et d’approches dédiés à l’assurance qualité au sein des universités. En revanche, la région offre un tableau extrêmement hétérogène en ce qui concerne les processus d’assurance qualité externes, c’est-à-dire ceux qui s’exercent en dehors des universités et qui peuvent être du ressort des ministères, de prestataires indépendants ou semi-indépendants, d’organes d’accréditation nationaux, etc.

 

Dès lors, les questions qui se posent sont les suivantes : comment les systèmes d’enseignement supérieur de la région MENA peuvent-ils mettre en place des organes et mécanismes externes qui contribuent à améliorer leur qualité au niveau national tout en tenant compte des spécificités des établissements ? Dans quelle mesure ces processus d’assurance qualité peuvent-ils faire avancer et appuyer les réformes de la gouvernance, et vice versa ? Et comment les établissements peuvent-ils s’inspirer les uns des autres et mettre en commun leur expérience sur ce qui marche ou pas ?

 

Pour répondre à ces questions le programme pour l’enseignement supérieur dans la région MENA conduit par la Banque mondiale et le Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI) a organisé sa cinquième conférence internationale du 30 mai au 1er juin 2016, à Alger (Algérie). Le thème de cette édition est: Les changements de paradigme dans l’enseignement supérieur: l’amélioration de la gouvernance et de la qualité au service de la compétitivité et de l’employabilité.

 

L’objectif de la conférence est de permettre aux universités et autres établissements d’enseignement supérieur de la région MENA, et d’ailleurs, d’échanger sur leurs expériences mutuelles et d’aborder avec les autres participants — responsables gouvernementaux, organismes d’assurance qualité, organisations locales, régionales et internationales — un large éventail de sujets ayant trait à l’amélioration de la gouvernance universitaire et aux solutions susceptibles de remédier aux problèmes d’assurance qualité et d’employabilité des diplômés. 

 

L’édition de cette année est consacrée au lien entre assurance qualité et gouvernance, avec l’objectif d’amener les universités et plus généralement les systèmes d’enseignement supérieur à passer « de la vision à l’action » et de faire avancer le processus de réforme. La conférence et les ateliers qui l’accompagnent ont pour objet d’offrir un espace de discussion aux universités, aux organismes d’assurance qualité et aux décideurs. Cet espace a permis aux participants de dialoguer entre eux mais aussi avec des experts régionaux, européens et internationaux ainsi qu’avec la Banque mondiale, et d’aborder les problématiques auxquelles ils sont confrontés en matière de gouvernance et d’assurance qualité interne et externe.

 

Lors de la journée d’ouverture, des professionnels de l’enseignement supérieur de la région MENA et d’ailleurs ont exposé leur point de vue « international » sur les questions de gouvernance et d’assurance qualité et en ont tiré des enseignements pour la réforme de l’enseignement supérieur dans les pays MENA et au niveau des établissements. La seconde journée s’est penchée sur des thèmes plus précis, avec une série d’ateliers parallèles destinés au réseau des 113 universités qui sont actuellement engagées dans l’élaboration de plans d’action et de mise en place d’organismes d’assurance qualité ; les universités furent invitées à présenter leurs plans d’action à cette occasion.

 

Flashback des conférences passées
 

Cette conférence est la cinquième du genre.

 

En 2011, une conférence a été organisée au Caire ayant permis de présenter la carte de positionnement de la gouvernance des universités (UGSC) et d’identifier les bases de l’application de cet outil dans quatre pays pilotes de la région MENA.

 

L’année suivante (2012), la conférence s’est tenue à Rabat et elle était organisée en collaboration avec l’Organisation islamique internationale pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO) et le British Council ; elle a permis de tirer les enseignements de l’utilisation de la matrice et de mettre en avant des études de cas relatives aux réformes institutionnelles, mais a été aussi l’occasion de lancer le réseau régional pour l’enseignement supérieur, qui couvre 113 universités de sept pays de la région MENA (Algérie, Égypte, Iraq, Liban, Maroc, Territoires Palestiniens, Tunisie).

 

L’édition de 2014, qui s’est déroulée à Tunis, était consacrée au lien entre assurance qualité et gouvernance, avec l’objectif d’amener les universités et plus généralement les systèmes d’enseignement supérieur à passer « de la vision à l’action ». Elle a également permis aux différents membres du réseau régional d’universités de discuter des plans d’action qu’ils ont mis au point sur la base des résultats de la matrice de positionnement de la gouvernance universitaire.

Et en 2015, la 4ème conférence a eu lieu à Beyrouth ayant pour titre "Le renforcement des établissements d'enseignement supérieur en région de Moyen Orient et de l’Afrique du Nord par le partage de l'information et l’amélioration de la gouvernance». Plus de 150 participants se sont réunis, y compris les présidents d'université, les organismes d'assurance qualité, les ministres de l'enseignement supérieur et régional et les experts internationaux. Plusieurs questions liées à l'amélioration de la gouvernance dans l'enseignement supérieur à travers le partage de l'information et d’autres se rapportant à l’assurance de la qualité et de l'employabilité des diplômés ont été discutées. La 2ème version de la carte de positionnement de la gouvernance des universités (UGSC) a été annoncée.

 

Succès du programme pour l’enseignement supérieur dans la région MENA

 

Mettre au point des approches innovantes : Grâce à l’élaboration et à l’application de la carte de positionnement de la gouvernance des universités dans le cadre d’un réseau de 113 universités dans sept pays, les établissements d’enseignement supérieur de la région MENA sont en mesure de comparer leurs pratiques aux normes internationales et de définir leur propre ensemble d’objectifs, ainsi que des indicateurs pour évaluer leurs progrès dans la réalisation de ces objectifs.

 

Développer les capacités : Entre janvier et mai 2014, en étroite collaboration avec l’équipe de la Banque mondiale, 55 universités ont élaboré des plans d’action pour améliorer la gouvernance universitaire.

 

Approfondir les connaissances : la conférence régionale organisée à Tunis en juin 2014 a rassemblé 170 participants originaires de neuf pays de la région MENA et d’Afrique subsaharienne, ainsi que des experts internationaux et européens. Elle a donné lieu à 33 couvertures dans la presse de cinq pays (Égypte, Liban, Libye, Maroc et Tunisie) et dans trois langues (15 arabophones, 13 francophones et cinq anglophones), et a été relayée par trois stations de radio et une télévision nationale.

 

Informer l’élaboration des politiques : Les ministères, les organismes d’assurance qualité et les établissements sont convenus d’œuvrer de concert afin de récompenser les meilleures pratiques dans la région.

 

Cet article fait partie d'une série de blogs mettant en vedette les opinions des experts de l'enseignement tertiaire du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en ce qui concerne l'enseignement tertiaire dans leurs pays respectifs, ainsi que l'utilisation de la carte de positionnement de la gouvernance Universitaire (UGSC), un outil innovant qui permet aux universités de la région MENA de se comparer aux standards internationaux, de définir leur propre série d’objectifs et d’établir des références pour évaluer les progrès pour les atteindre. La carte de positionnement de la gouvernance Universitaire (UGSC) a été développée par le programme d’enseignement tertiaire de la Banque Mondial/CMI et est appliquée par 100 universités dans la région MENA. 

 

May 03, 2016 / 0 Comments
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Photo: AFD iD4D

Entretien avec Dawn Chatty, anthropologue américano-britannique spécialiste du Moyen-Orient qui, aujourd’hui travaille tour à tour les réfugiés Syriens à travers la région affirme que trouver un moyen pour fournir une éducation aux réfugiés, qui ont quitté l'école depuis cinq ans, est vital pour qu'ils puissent revenir à construire une nouvelle Syrie à partir d'une vision différente.  

 

Continuer à lire cet article sur Ideas4development le blog de L’agence Française de Développement.

Apr 27, 2016 / 0 Comments
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Cinq ans après la révolution politique, le gouvernement a pris conscience des difficultés économiques du pays, dont le manque d’investissements étrangers et le niveau de chômage. De nombreux Tunisiens appellent à une deuxième révolution, économique cette fois-ci, pour ouvrir le champ des possibles et soutenir notamment la création d’entreprises dans le but de créer des emplois. Même si La vie d’un entrepreneur tunisien n’est pas toujours un long fleuve tranquille... Rien que les démarches d’immatriculation peuvent décourager les meilleures volontés. Hamdy Ben Salah fait partie de ceux qui se battent encore pour faire de la Tunisie un pôle entrepreneurial.

 

Continuer à lire cet article sur le blog de la banque mondiale.

Apr 25, 2016 / 0 Comments
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La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) n’avait jamais autant souffert qu’aujourd’hui du vieillissement de son infrastructure, étant donné, tout particulièrement, la forte augmentation de sa demande d’électricité. D’après les estimations, les besoins en électricité augmenteront de 84 % d’ici 2020. La Tunisie a la possibilité d'éviter une telle situation si une coopération inter-régionale est forgée avec l'Italie.  

 

Continuer à lire cet article sur le blog de la banque mondiale.

Apr 04, 2016 / 0 Comments
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UNHCR

Quand migration rime avec émotion : compte rendu de mission en Méditerranée (2)

Les mouvements de réfugiés et de migrants ont toujours existé. Avec le conflit qui s’éternise en Syrie, ils posent d’immenses difficultés aux pays de la Méditerranée. L’instabilité qui sévit au Moyen-Orient se propage aux pays du Sud de l’Europe — une évolution qui appelle à une réaction mieux coordonnée en Europe afin de soutenir davantage les pays d’accueil et, surtout, de faire preuve de plus de solidarité entre les peuples.

 

Alors que la recherche d’un accord entre l’UE et la Turquie pour remédier à la crise des réfugiés suscite des tensions, il importe de replacer cette situation et ses répercussions sur l’Europe dans un contexte régional plus large : pour l’instant, ce sont les pays du Moyen-Orient qui supportent l’essentiel du fardeau, l’Union européenne n’accueillant que 8 % des réfugiés syriens. La crise des réfugiés syriens ne touche pas directement l’Union européenne (UE), puisque 86 % d’entre eux continuent d’être directement accueillis par les pays du Machrek et par la Turquie. Les médias européens ont trop souvent tendance à passer cette statistique sous silence, ces jours-ci. Les pays les plus affectés sont ceux qui partagent des frontières avec la Syrie : selon le HCR, la Turquie est le premier pays d’accueil, avec 2,7 millions de réfugiés (un nombre record pour un pays), devant le Liban, avec 1 172 388 réfugiés (qui détient, quant à lui la palme de la concentration par habitant), et la Jordanie (640 000). Rappelons aussi qu’en maintenant leurs frontières ouvertes depuis cinq ans, ces pays ont offert au monde et à l’Europe un bien public inestimable. En cinq ans, ils ont accumulé une expérience impressionnante et tiré de précieux enseignements pour conforter leur propre résilience. D’où l’intérêt, pour les partenaires européens désireux d’apprendre, d’engager un dialogue Sud-Nord.

 

La crise des réfugiés a pris en quelque sorte par surprise une Europe en pleine incertitude économique : cette crise est la deuxième du monde (depuis les années 1990) par le nombre de personnes déplacées mais la première de toutes du fait de ce flux soutenu et ininterrompu en un laps de temps aussi court. C’est cette spécificité qui déstabilise l’UE et a fait naître des dissensions politiques autour d’éventuels quotas. Avant le sommet de l’UE du 17 et 18 mars dernier, Angela Merkel déclarait : « L’Europe ne s’est pas couverte de gloire… et les pays membres ne partagent pas équitablement le fardeau. » Jamais l’espace Schengen n’a autant vacillé qu’aujourd’hui. Les flux migratoires actuels et attendus font apparaître une autre dimension : nous avons atteint un point de non-retour. Au-delà du déni actuel, nous allons devoir anticiper pour préparer avec toute l’énergie requise des politiques d’intégration à moyen terme adaptées, à appliquer à l’échelle locale, nationale et européenne.

 

Soyons réalistes : la fragilité des pays MENA a un impact évident en Europe et au-delà. Le conflit en Syrie est le premier facteur d’instabilité, puisque plus de 4,6 millions de Syriens ont fui leur pays et qu’environ 7,6 millions d’autres ont été déplacés à l’intérieur des frontières. La région MENA reste largement exposée à la fragilité et au conflit : d’après la dernière édition du Bulletin trimestriel d’information économique de la région MENA de la Banque mondiale, un tiers environ des habitants de la région sont directement affectés par la guerre. Ce chiffre inclut les Iraquiens, les Libyens, les Syriens et les Yéménites, qui ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence (environ 13,5 millions de personnes en Syrie, contre 21,1 millions au Yémen, 2,4 millions en Libye et 8,2 millions en Iraq). Sans oublier les personnes déplacées, qui sont plus de 18 millions dans la région, et qui vont devoir trouver un logement temporaire dans un pays voisin plus sûr ou ailleurs dans le monde. À cela s’ajoutent, bien entendu, les attentats terroristes qui alourdissent la menace sécuritaire dans le monde et les effets négatifs de la fragilité dans la région MENA.

 

La crise dans la région MENA crée de réels problèmes humanitaires pour les autochtones comme pour les ressortissants étrangers, qui sont particulièrement vulnérables : ainsi que l’a rappelé la consultation organisée à Malte par le Centre international pour le développement des politiques migratoires sur le thème « Les migrants dans les pays en crise », les migrants étrangers sont particulièrement exposés —et souvent ignorés — lorsqu’une crise éclate dans leur pays d’accueil, qu’il s’agisse de travailleurs invités, de migrants illégaux ou de touristes. Les plus exposés seront les femmes et les enfants. Citons le cas du Liban en 2006, avec ses 550 000 ressortissants étrangers (sans compter les réfugiés palestiniens) ; la crise libyenne de 2011 qui a touché 1,5 million d’étrangers ; le conflit syrien, où l’on estime à 100 000 le nombre de travailleurs migrants et d’Iraquiens, en plus de 560 000 réfugiés palestiniens ; ou encore le Yémen et ses 91 000 migrants et 246 000 réfugiés bloqués par la guerre civile de 2015. Lorsqu’une crise survient, les ressortissants étrangers pris au piège doivent être protégés et immédiatement rapatriés pour garantir leur sécurité. Pour les réfugiés dans les pays en crise, la situation est encore pire, comme l’a souligné le HCR : coincés dans ce pays d’accueil, ils ne peuvent pas rentrer chez eux à cause des persécutions dont ils sont victimes. Le droit international exige leur protection, mais ils n’ont nulle part où aller.

 

Les deux rives de la Méditerranée sont déstabilisées par la fragilité qui règne dans la région MENA : l’ampleur inédite de cette crise des réfugiés, des deux côtés de la Méditerranée, exige une aide ciblée et davantage de solidarité pour permettre l’adaptation et préparer des réponses régionales tout en renforçant la résilience pour l’avenir. Il faut certes apprendre à mieux se préparer, mais il faut surtout accroître les capacités de réaction des gouvernements et des municipalités, en Europe comme dans la région MENA, si l’on veut atténuer les conséquences de ces crises, aujourd’hui et demain. La situation actuelle prouve si besoin était que les conflits ne s’arrêtent pas aux frontières, ouvertes ou fermées. Tout le monde est touché, les citoyens comme les ressortissants étrangers rattrapés par le conflit, de même que les pays voisins et les municipalités qui doivent accueillir les réfugiés. Les conséquences désastreuses de la crise en Syrie sur l’Europe avaient commencé à se faire sentir bien avant l’afflux massif de réfugiés. Aujourd’hui, le Moyen-Orient et l’Europe partagent le même fardeau et doivent donc assumer ensemble leurs responsabilités, dans les pays riverains de la Méditerranée comme au sein de l’Europe.

Mar 31, 2016 / 0 Comments
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Al Jazeera America / D. Khamissy

Quand migration rime avec émotion : compte rendu de mission en Méditerranée (1)

 

Réfugiés, migrations, mobilité — autant de phénomènes que les pays de la Méditerranée connaissent intimement : l’histoire prouve en effet que les déplacements de population ont toujours été, quels qu’aient pu en être les motifs, une caractéristique intrinsèque et une réalité pour cette région. Avec le conflit qui s’éternise en Syrie, les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) sont submergés par les flux de réfugiés et cette situation dramatique rejaillit sur toute l’Europe du Sud. La mobilité des personnes, jusque-là parfaitement tolérée, fait désormais figure de casse-tête inextricable pour les pays situés des deux côtés de la Méditerranée. Des appels à une réaction mieux coordonnée commencent à se faire entendre en Europe comme dans les pays MENA, tandis que l’impératif de soutenir davantage les pays d’accueil et, surtout, de faire preuve de plus de solidarité entre les peuples, gagne progressivement du terrain.

 

En mars 2016, j’ai participé au congrès national de l’association des villes italiennes, organisé dans la banlieue de Pescara, sur la côte adriatique. Je devais intervenir dans le cadre d’un dialogue Sud-Nord sur la crise migratoire. Au cœur des discussions, l’expérience accumulée par les autorités locales en Italie, en Grèce et au Liban, et la vision internationale défendue par le Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI). Si je devais reprendre quelques-uns des grands messages de cette rencontre, j’insisterais certainement sur la saturation des pays d’Europe du Sud et de leurs collectivités locales devant ces flux de réfugiés sans précédent. Les intervenants ont expliqué à quel point les municipalités de ces pays se sentaient abandonnées par l’Europe et par leur pouvoir central. Une plongée dans les données brutes devrait nous permettre de mieux comprendre leur détresse.

 

La position géographique de la Grèce et de l’Italie, au Sud de l’Europe, explique qu’ils supportent l’essentiel du fardeau : en 2015, la Grèce est ainsi devenue le premier « pays de transit » de l’Union européenne (UE) pour les réfugiés et les migrants en partance vers les pays du Nord. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de réfugiés et de migrants sont entrés en Europe cette année-là, la plupart d’entre eux arrivant par la Grèce. Ce pays, empêtré dans une grave crise économique, doit désormais affronter une crise humanitaire et gérer les conséquences du nouvel accord trouvé entre l’UE et la Turquie. Si l’UE parle à ce propos d’un « tournant », la Grèce évoque plutôt une « charge écrasante ».

 

Et l’histoire est loin d’être terminée : entre janvier et mars 2016, plus de 164 000 réfugiés et migrants sont arrivés en Europe, soit plus de huit fois qu’entre janvier et mars 2015. Une majorité écrasante d’entre eux (150 000 personnes) ont transité par la Grèce, le reste par l’Italie. Pour compliquer encore un peu plus la situation, la route par l’ouest des Balkans, qui relie la Grèce au Nord de l’Europe, est fermée depuis début mars, de sorte que quelque 48 000 réfugiés sont actuellement bloqués en Grèce. Cette fermeture entraînera inévitablement la création de nouveaux itinéraires, avec leur cortège de difficultés : il faut s’attendre à des filières de transit via la Libye, l’Albanie, la Bulgarie, l’Ukraine et, pourquoi pas, l’Espagne.

 

Les municipalités méditerranéennes se retrouvent aux avant-postes pour l’aide d’urgence aux migrants et aux réfugiés : faute de plan de riposte national, les villes grecques ont inventé des dispositifs de réaction. En comptant sur les bonnes volontés, elles font leur maximum pour répondre à cette urgence humanitaire. Pour l’instant, ni le gouvernement central ni l’Europe ne les ont vraiment aidées. En Sicile, le petit port de Pozzallo (19 000 âmes) est la première zone de « débarquement » pour les réfugiés et les migrants. Depuis janvier 2015, il a vu arriver environ 12 500 personnes. En janvier 2016, il est devenu le troisième point chaud « opérationnel » de l’Italie, trois autres devant être créés bientôt. L’Europe a conçu cette stratégie de « hot spots » pour aider ses États membres les plus exposés aux flux de migrants. Le maire de Pozzallo affirme pourtant ne pas avoir vraiment vu la différence. Ce que ses concitoyens et lui souhaitent, c’est qu’on les rassure, alors qu’ils ont le sentiment d’être laissés à eux-mêmes. Interrogé sur la solidarité, il a évoqué, après une longue réflexion, l’histoire de ce « bateau » transportant 35 dépouilles et que la petite ville de Pozzallo ne pouvait pas enterrer, faute de place. Les municipalités voisines ont alors proposé d’accueillir ces voyageurs dans leurs cimetières, pour les inhumer avec dignité au terme d’un si long périple. On aurait pu entendre une mouche voler.

 

Les autorités locales jouent un rôle clé dans la gestion de la crise migratoire en Méditerranée : les migrants visent en priorité les villes, car c’est là qu’ils peuvent trouver un logement, un moyen de subsistance et des services de base. Mais l’afflux de réfugiés en ville soulève un certain nombre de problèmes pour les municipalités et met à mal les capacités d’accueil des communautés hôtes : à l’échelle de la planète, 60 % des réfugiés vivent en ville ; dans la région MENA, ce chiffre atteint 85 %. Pendant notre réunion, les maires ont confirmé être aux premières loges pour tout ce qui concerne l’accueil et l’intégration des réfugiés et des migrants économiques. Ils ont évoqué le mal qu’ils avaient à préserver le bien-être de leurs concitoyens tout en prenant en charge la masse écrasante de nouveaux arrivants, qui méritent d’être traités avec dignité. D’où leur appel à une répartition équitable des responsabilités, des directives concrètes et un soutien de l’Europe — parallèlement à des moyens financiers, un renforcement des compétences, des formations et des échanges de bonnes pratiques.

 

Les échanges interrégionaux sur les pratiques d’accueil contribuent à aider les communautés hôtes les plus récentes à réagir au mieux : fort de sa longue expérience en matière d’accueil de réfugiés et parce qu’il concentre plus de réfugiés par habitant que n’importe quel autre pays dans le monde, le Liban a transmis quantité d’expériences aux municipalités du Sud de l’Europe, démontrant au passage tout l’intérêt du dialogue Sud-Sud. À travers son Programme pour les réfugiés et les communautés d’accueil en Méditerranée, le Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI) soutient certains besoins spécifiques d’apprentissage Sud-Nord dans le but de chercher des solutions à la crise actuelle des réfugiés dans les pays MENA et à ses retombées en Europe. Ce programme vise les communautés d’accueil autour de la Méditerranée, en leur proposant des échanges de connaissances et une assistance technique ciblée. Des dispositifs pour des échanges entre communautés de la région MENA et communautés d’accueil européennes sont en préparation.

Mar 23, 2016 / 0 Comments
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Les besoins d’investissement dans le secteur de l’eau sont considérables dans la région méditerranéenne. La demande en eau - tirée par l’urbanisation, le développement touristique, l’agriculture irriguée ou l’industrialisation - croît rapidement. Et le secteur de l’eau doit aussi être capable de répondre immédiatement aux nombreuses crises naturelles et humaines qui peuvent survenir : sécheresses et inondations, conflits armés, flux de réfugiés.

 

En outre les effets du changement climatique risquent de prendre une importance croissante. D’après le rapport « Turn Down the Heat » de la Banque mondiale, les ressources en eau dans la région du Moyen Orient et du Nord Afrique (MENA) pourraient baisser de 15 à 45% selon les lieux et les scenarii. Des efforts importants en matière de gestion de la demande, de traitement et de réutilisation des eaux usées, de désalinisation, de concertation et de sensibilisation des citoyens seront alors nécessaires.   

 

La Banque mondiale accorde une grande importance à la question de l’eau comme à celle de l’emploi. Dans sa nouvelle stratégie pour la région, la sécurité d’approvisionnement en eau est une question centrale et comporte plusieurs priorités : gestion de l’eau en milieu urbain, performance de l’eau agricole, amélioration de l’interface eau-énergie, engagement des citoyens et coopération sur les eaux transfrontalières.

 

Ces chantiers nécessiteront des ressources humaines nouvelles. En France par exemple, le secteur de l’eau représente 174 000 emplois directs pour un chiffre d’affaire annuel de 30 milliards d’euros. Dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, on peut sans doute compter sur des centaines de milliers d’emplois avec, notons-le, beaucoup de métiers nouveaux qui devront permettre d’appréhender des situations complexes.

 

Trois jeunes ingénieurs en formation complémentaires de Mastère Spécialisé en Gestion de l’Eau, à AgroParisTech Montpellier, France, nous parlent de la question de l’emploi dans le secteur de l’eau dans leurs pays respectifs. 

 

Fatima Z. Ben Haddouche (Maroc)

« L’Afrique : un vrai potentiel d’emplois qualifiés dans le domaine de l’eau » 

 

L’avenir de l’Afrique est extrêmement prometteur. Le continent souffre pourtant d’un manque criant d’infrastructures de base, notamment en matière d’eau. C’est un défi majeur (demande croissante, changements climatiques, stockages inappropriés, coopération transfrontalière) qui représente un vrai potentiel de création d’emplois. Pour réussir les projets il faut des profils hautement qualifiés. Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieure hydraulique de l’Ecole Hassania des Travaux Publics au Maroc (2010), j’ai travaillé dans une entreprise de travaux, puis dans un bureau d’études, ce qui m’a amené au constat suivant : c’est de la qualité des phases amont que découle la durabilité des ouvrages. Ceci place donc l’ingénieur conseil au centre du processus de la réalisation d’un projet. D’où ma passion pour ce métier. J’ai intégré le mastère spécialisé car je crois qu’il nous faut maîtriser les aspects de gestion de l’eau selon une approche globale, pluridisciplinaire et multi-échelles. L’Afrique est en train d’adopter de nouveaux modèles de gestion de l’eau mais il est indispensable de renforcer les compétences des jeunes professionnels de l’eau par des formations efficaces.

 

Fares Aouichat (Algérie)

« En Algérie, un potentiel insuffisamment exploré dans le traitement des eaux » 

 

Diplômé de l’Ecole Nationale Polytechnique d’Alger en Génie des Procédés Environnementaux, je me suis vite orienté vers les métiers de l’eau. Mon projet de fin d’étude portait sur le traitement des lixiviats provenant de déchets ménagers par un bioréacteur à membrane, projet très intéressant mais resté au stade expérimental. C’est dommage car les recherches universitaires pourraient être mieux valorisées. La gestion centralisée de l’eau en Algérie est davantage orientée vers une politique de l’offre de nouvelles ressources (barrages, dessalement, transfert d’eau depuis le Sahara) plutôt que sur des considérations de traitement et de qualité de l’eau. Ainsi une majorité des usagers achètent de l’eau en bouteille. Ma prochaine mission chez SUEZ pour l'obtention du diplôme de Mastère Spécialisé en Gestion de l'Eau me permettra de développer une expertise dans l'amélioration du fonctionnement des systèmes d'assainissement des grandes métropoles.

 

 

Ayoub Atfaoui (Maroc)

« Les domaines de l’eau et de l’énergie sont de plus en plus imbriqués »

 

J’ai 25 ans et je suis marocain. Etant ingénieur en génie énergétique diplômé de la Faculté de Sciences et Techniques Mohammedia au Maroc, j’ai choisi de continuer mes études pour avoir une double formation dans les deux domaines étroitement liés que sont l’eau et l’énergie. Cette interdépendance est complexe et il faut avoir une vision globale dans le domaine de la gestion de l’eau, maîtriser les enjeux politiques de l’eau, analyser les choix techniques. J’apprécie le Mastère car il implique des intervenants du monde professionnel et de la recherche et nous permet de mener des travaux de groupe sur des projets concrets et d’actualité.

 

On le voit dans ces témoignages : les jeunes de la région MENA sont plus que jamais mobilisés. Ils sont passionnés. Ils sont aussi demandeurs de formation car ils savent combien la gestion de l’eau est un domaine complexe et transdisciplinaire. Gageons que le nouvel Objectif du Développement Durable n°6 « Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau » adopté par 193 Etats en septembre 2015 puisse être mis en œuvre dans la région pour l’échéance de 2030. Il faut s’y préparer et les partenaires au développement sont prêts à relever le défi. 

Mar 21, 2016 / 0 Comments
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AFP / Adem Altan

In Turkey, as in other countries, refugees are often seen as an unmitigated burden, taking jobs from locals, straining public resources, and stoking fears of rising crime and terrorism. Clearly there are significant costs and risks shouldered by host countries, but there is another side to the story—the contributions made by refugees as they bring new businesses, markets, and skills to their host communities. To the extent that countries focus on an enabling business environment and a modicum of protection for refugees working illegally, the positive side of the ledger can only grow.

 

According to Oxford University's Refugee Studies Center, the 2.5 million Syrian refugees in Turkey have encountered less hostility than in Jordan and Lebanon—not surprising given Turkey's population of 77 million and much larger economy. Jordan and Lebanon face a significantly higher burden with over one million Syrian refugees in each country, representing an influx equal to, respectively, 20 and 25 percent of the native population. 

 

Continue reading the article on Brooking’s blog here.

Mar 16, 2016 / 0 Comments
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Copyright : Chaoyue PAN

Les programmes de la communauté internationale ne doivent pas se focaliser uniquement sur les pays qui accueillent le plus de réfugiés syriens, le Liban et la Jordanie, mais doivent aussi tenir compte de la Syrie. C’est le point de vue défendu par Abdallah Al Dardari, ancien ministre du Plan en Syrie et secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (CESAO), à Beyrouth. Entretien.

 

Continuer a lire l’article sur le blog de l’Agence française de développement (AFD) ideas4development.

Mar 15, 2016 / 0 Comments
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With the refugee crisis gaining the world’s attention since war broke out in Syria, many ideas have been raised to address forced displacement, both in the Middle East and in countries around the world. Displacement has emerged as a critical development challenge, one that affects not only the people displaced but also the communities hosting them.

 

At the Plenary Session on March 1, the first day of the Fragility, Conflict and Violence Forum 2016, a high-level panel representing governments, development agencies, and refugees themselves tackled the need for collaboration between humanitarian and development partners.

 

Continue reading the full article on the World Bank Blog.

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